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26/06/2014

Les compétiteurs du MUC Aviron vont aux Championnats de France !

 

A la mi juin, le MUC Aviron se déplaçait à Mâcon

pour tenter d’obtenir une sélection aux championnats de France.

 

Féodor Desplanques et Florentin Halley en Double-Scull cadet avaient la folle ambition de se classer au Top 10 pour obtenir cette sélection malgré la forte concurrence des 27 équipes de tout le grand quart sud-est de la France.

Florentin et Féodor retenus pour les Championnats de France  ainsi que Jean-Christophe.jpg

Dès les séries de qualification, il fallait s'imposer et être dans les deux premiers pour participer directement aux 1/3 de finales. Sur les 1500 m de course, l'objectif était donc de placer un premier 500 maxi pour tenter de faire sa place et garder ensuite cet avantage. Bien intégrée par nos deux montpelliérains, cette stratégie fut appliquée à la lettre dès le départ et, même si Manosque prenait déjà une petite avance, notre équipe trouvait sa place dans le groupe de tête.

A mi parcours Montpellier semblait presque installé à cette 2eme place derrière Manosque mais Martigues, à une longueur derrière se rapprochait peu a peu. Nos rameurs durent se battre jusqu'au bout pour contenir les attaques répétées de Martigues. Quelques défauts techniques et quelques embardées pouvaient donner des sueurs froides à leurs supporters mais la ligne d'arrivée était enfin là pour valider cette deuxième place.  Certes la technique est encore à améliorer mais cette course a été une très bonne expérience de stratégie et leur a permis de se sélectionner pour les 1/3 F du dimanche matin sans passer par les repêchages.

JC à Macon.jpg

C’était ensuite le tour de Jean-Christophe Tronel en skiff cadet avec pas moins de 35 concurrents et une première course de qualification qui ne devait retenir que les 4 premiers de chacune des 7 séries de 6 concurrents pour participer au 1/6 de finales.

Même si le fait d'éliminer deux équipes sur 6 paraissait très accessible, les temps réalisés dans chaque manche déterminent ensuite les tirages suivants. Il faut donc avoir la meilleure place à chaque fois.

Dès le départ, notre skiffeur veut s'imposer malgré une vilaine blessure au genou, contractée quelques jours plus tôt, mais qui n’inquiétait que son entourage. En trois coups d'aviron sa détermination le place a une longueur d’avance, au point même d'avoir un flash d’hésitation sur un éventuel faux départ. Heureusement il continue et impose à ses concurrents un train d'enfer qui le mène aux avant-postes de cette course. A mi-course il a quatre a cinq longueurs d'avance sur ses poursuivants, mais il continue à chercher le meilleur rythme pour glisser davantage. Le suspens sur sa blessure au genou reste entier : est-ce que ça va tenir ? Ses poursuivants, Perpignan notamment, ne sont plus dans son champ de vision et se battent pour les 2ème, 3ème  et 4ème places. Dans les 50 derniers mètres, malgré là aussi quelques défauts d’équilibre, il termine le parcours en demi coulisse pour économiser son genou blessé.

L'arrivée est un soulagement et une grande satisfaction pour ce beau parcours réalisé avec beaucoup de courage dans une grande incertitude.

Ce premier parcours lui permettait d'aborder les 1/6 de finales dans l'après midi ou un fort vent du Nord s’était levé, soufflant dans l'axe du bassin, vent favorable,  mais soulevant des vagues et provocant de nombreuses fausses pelles dans les différentes courses.

La tentative d'un départ aussi efficace que le matin ne pu être reproduite. Pourtant, la volonté de s'imposer était la même et Jean-Christophe pris rapidement la tête de la course pour ne plus la quitter. À plusieurs reprises, Valence tenta pourtant de revenir sur le leader, en vain car le train du montpelliérain était plus efficace. Les conditions du bassins devenues exécrables compliquèrent la donne. C'est avec une cadence de 25coups/minute au lieu de 30 que le Muc gardait la tête en compensant par un maximum de puissance a chaque coup. Les vagues moutonnantes provoquaient des embardées du bateau et des coups sur la blessure.

C’est en serrant les dents que notre skiffeur rentrait au ponton avec la satisfaction d'une seconde victoire pour cette journée. Demain serait un autre jour.

  

Dimanche.

Le vent a soufflé toute la nuit. Dimanche matin le plan d'eau est très agité, mais heureusement sans moutons.

Dans ces conditions difficiles il faut assurer la fin de course, plus exposée aux vagues et donc aux fausses pelles et aux risques de chavirage. Et c'est à nouveau le premier 500 qui devient essentiel pour la conduite de course. Deuxième 500 au train avec - à ce niveau là- l'obligation de relancer régulièrement pour contrer les attaques des poursuivants. Quant au dernier 500, celui de tous les risques, il faut assurer la fin de course en conservant toujours l'audace d'entreprendre une attaque pour mettre les leaders en difficultés ... mais en gardant la maîtrise de l'équilibre et de l'allure du bateau.

Dans ces conditions le chrono prend une importance inattendue : celle d'être la référence en cas d'annulation des finales. Les classements et les sélections pour les championnats de France sont alors déterminés par les temps de parcours des courses qui ont pu avoir lieu.

En skiff, c’est un bon départ bien groupé pour ce 1/6 de finales, pourtant dès les 10 premiers coups d'aviron trois bateaux se détachent légèrement, Villefranche, Perpignan et Montpellier. Cet avantage évolue à chaque  coup et c'est Montpelier qui impose à nouveau son rythme par la puissance de ses coups. Son avance se creuse, une pointe, une demi longueur et une longueur de bateau à mi parcours. Pourtant, si les deux équipes du Sud semblent avoir déjà assuré leur place pour la finale A, Perpignan est plus technique et revient sur Montpellier. Jusqu'au bout le Muciste répond par la force à chaque attaque catalane tout en souplesse. Dans les 50 derniers mètres Perpignan fini par passer sa pointe devant celle de Montpellier qui pense peut être aussi à en garder un peu pour la finale. Ces deux là se  connaissent, ils sauront se retrouver !

Pour le Double-Scull la pression est maximum : c’est la course à ne pas rater ; il faut être dans les quatre premiers. Premier ou deuxième et c’est la finale A en même temps que la sélection convoitée ; troisième et quatrième c’est la finale B et tout à refaire pour cette fameuse sélection. La concentration est donc à son maximum au départ ou le suspens est encore total. Montpellier part fort et souple, en 2ème position derrière Aiguebelette, une pointe devant Evian.

Mais notre bateau ne trouve pas le bon rythme dans ce premier 500 et Evian repasse.

Le 2ème 500 voit l'avance des 3 premiers bateaux se creuser  sur les trois suivants ; tout est encore possible. Dans le dernier 500 nos deux rameurs donnent le maximum. Malheureusement ils ne se comprennent pas au moment de déclencher l’enlevage, ultime effort pour aller plus loin encore. Ils terminent à la 3ème place ; ce sera donc une finale B.

L’après midi le vent est toujours là, rendant le plan d’eau très technique et incertain pour les plus inexpérimentés. Les courses minimes sont très compromises, reportées, mais finalement courues.

Pour notre Double-scull cadet, le suspens est tangible, la concentration lisible dans les regards : il faut terminer dans les trois premiers pour un classement final dans les 9 meilleurs, sachant que les 6 de la finale A sont dors et déjà tous qualifiés pour les championnats de France.

La course est très rapide, le vent ajoute à la vitesse des bateaux qui s’en passeraient bien car la maîtrise technique n’en est que plus difficile.

Après un bon départ très groupé, chacun tente le tout pour le tout. Dans le premier 500, Montpellier tente de résister à Meyzieu alors que Cannes prend une bonne option en prenant la tête. C’est déjà le 2ème 500, Mezieu a pris l’avantage sur Montpellier qui tente de refaire son retard, au train, à une cadence de 31 coups minute. La bagarre pour la 3ème place –l’ultime place qualifiante- est acharnée entre Montpellier, Grenoble et Martigues ; Toulon ne reviendra plus.

Sur la berge les supporter du MUC s’époumonent et notre équipe part pour un bel enlevage qui met fin au duel en décrochant cette fameuse place, récompense méritée de l’engagement d’une saison !

Pour le skiff en finale A, l’objectif d’une sélection est déjà atteint.

L’ambition – inattendue ! – est d’aller au culot chercher une place sur le podium. Deux bateaux semblent inaccessibles : Carnon qui a survolé ses concurrents dans les manches où il était présent, et Grenoble qui n’a pas fait moins bien. Reste une place à prendre … et pourquoi pas !  Perpignan n’est pas inaccessible, quant à Vichy et Lyon leurs chronos sont moins bons puisqu’ils sont sur les lignes d’eau 1 et 6.

Montpellier est à la ligne 5 et connait par cœur chaque ligne de ses concurrents pour mieux les contrôler.

C’est parti ! Carnon et Grenoble sont déjà devant comme prévu, mais Lyon, à l’extérieur créé la surprise et rebat les cartes tandis que Montpellier reste devant Vichy.

Devant, l’écart se creuse et Carnon montre une supériorité incroyable avec une avance qui semble le mettre à l’abri de toutes surprises.

Au 3ème  500, Vichy est en bord à bord avec Montpellier mais réussi à passer notre bateau dans les 200 derniers mètres tandis que Perpignan est reparti de plus belle - le duel avec Montpellier sera pour une autre occasion – et se bat jusqu’à l’arrivée où il laisse finalement la place de 3ème à Lyon pour 44/100, tandis que Grenoble, revenu sur Carnon, se place 2ème à 3’du premier.

Une belle finale, à bout de souffle !

Un beau résultat pour le MUC Aviron, un très beau parcours pour nos deux équipes, toutes les deux en cadets 1ère année, dans les catégories les plus disputées, ce qui laisse de belles perspectives pour la prochaine saison.

Mais cette saison n’est pas finie, il reste encore deux semaines avant Vichy et il est évident que des progrès sont encore à exploiter.

Claude Tronel